Aggrestuko ou Aggresive Retsuko de son nom original est une série d’animation musicale produit par la chaîne TBS en 2016 et diffusée sur Netflix en 2018, basée sur le personnage éponyme de la marque Sanrio.

Présentation de l’anime et l’aspect social …

Nous suivons donc Retsuko, une jeune panda roux de 25 ans, vivant à Tokyo et entrant dans le monde du travail japonais. 
La première saison est une mise en image de la vie de cette jeune panda roux, subissant du harcèlement moral de la part de ses supérieurs, ne la croyant pas capable de faire son boulot correctement ou même la surchargeant de boulot. 
Mais aussi de ses doutes sur sa vie actuelle et de sa routine “Métro, Boulot, Dodo”. 
Elle est tout de même soutenue par certains de ses collègues, comme Fenneko une fennec qui a le profil type de la stalkeuse aggravée : rien ne lui échappe. Elle est la parfaite opposée d’Haida : elle dit tout ce qui lui passe par la tête quitte à froisser. Les échanges d’ailleurs avec ces personnages sont super drôles.

Haida quant à lui est un collègue bassiste, tout aussi perdu mais toujours là pour essayer de la comprendre et de lui être dévoué. Il paraît comme un employé sans saveur, encaissant en fin de compte sans trop adhérer (on va dire que son intérêt pour Retsuko altère aussi son comportement). Ce qui donne une impression anxiogène. 
Sa meilleure amie Puko, qui va et vient au Japon, s’essayant à divers domaines. Personnage peu récurrent. La particularité de Restuko est d’être très douce et mignonne devant tout le monde, ne montrant aucune faille. Mais dès qu’elle sort du boulot, se dirigeant dans un Karaoké pour extérioriser sa journée, elle devient une chanteuse de DEATH METAL!!!

Restuko en mode Death Metal


Cependant, au fils des épisodes de la seconde saison, on remarque une certaine pression. D’où vient-elle alors qu’on rigole toujours autant devant les épisodes ? Mais avec un certains recul, on comprend : la pression sociale japonaise. Durant cette saison, on sent que notre petit panda roux fétiche tourne en rond, cherchant un moyen de s’échapper de ses chaînes sociales par :

  • L’espoir d’un boulot différent, moins contraignant.
  • À recherche d’un passe-temps et non d’une routine.
  • Une envie de liberté par le passage du permis de conduire.
  • La recherche de son futur petit ami.

Sur ces recherches, parmi tant d’autres plus futiles, les échecs arrivent assez vite pour deux des quatre objectifs.
L’espoir d’un boulot différent, véhiculé par son amie Puko, est un échec. Le côté fougueux, voire même fainéant de sa féline d’amie a fait capoter plus ou moins le projet que Puko avait en tête sachant que Retsuko comptait garder son standing de vie, lui promettant un peu monts et merveilles, sans résultat concret.
Le passage de son permis est un révélateur. Afin de fuir un peu la pression du mariage qu’essaie de lui arranger sa mère, elle choisit de voler de ses propres et décide d’organiser un voyage avec Gori et Washimi, deux de ses collègues qui sont devenues des amies proches. Malheureusement, lors d’une soirée de ce voyage, une dispute surgit inopinément entre ces dernières et c’est un échec de plus.


La recherche du mari lui permettant de s’évader de son boulot s’annonce elle aussi, très ambiguë. Elle crush sur un garçon du nom de Tadano, complètement paumé au centre d’examen du permis, accumulant échecs sur échecs. On apprend que celui-ci répondant bien sûr aux sentiments de notre Retsuko reste très réservé sur le fait de s’engager et ne se basant que sur le moment présent.
Revoilà, Retsuko repartie pour une contre sérénade en Death Metal.
La pression de trouver un emploi est latente dès le début, ce qui vaut pour toute société moderne d’ailleurs. En fait, ce qui nous intéresse vraiment dans la saison première, ce sont les relations sociales que l’on penserait exagérer, mais on se rend compte en regardant d’autres animes, dramas ou autres articles sur le net qu’il y a des points récurrents. Ce qui est assez rassurant d’ailleurs, car si on interroge les personnes qui regardent cette anime avec nous, on s’aperçoit qu’on a tous plus ou moins le même avis, ce qui n’est pas toujours le cas.

Restuko et sa mère

Entre la pression du résultat, mais le manque d’efficacité dans la répartition du travail, l’organisation ainsi que la pression inutile mise sur les employés… Il y a de quoi vraiment monter une bonne mayonnaise de problèmes.
De plus, les caractères des collègues, sont assez significatifs, voire pires… Réalistes. Entre la nonchalance d’Haida et la psychopathie de Fenneko, le cocktail de base prend.
Parlons hiérarchie : un directeur de département pas incompétent mais assez fainéant et un sacré caractère de… Cochon. En fait, on ressent qu’il est ici pour l’apparence : ses employés se chargent du reste. Il ajoute le côté autorité directe, présente largement dans les bureaux nippons avec une mauvaise foi dévoilée complètement. Il a d’autres hobbies et ne s’en cache même pas, la considération pour ses employés est à peine soyons mesurés présente. Son assistant, Komiya, apporte cette touche agaçante qui manquait au tableau de ce chef. Il nourrit même le côté narcissique du chef direct.
Entre l’hypocrisie naïve, parfois, de Tsunoda une daim beaucoup trop niaise, les commérages incessants de Kabae une maman hippopotame très collant, la rivalité entre les différents services ainsi que les points abordés … On a un sacré tableau caricaturale.

Washimi et Gori

… au service de l’humour.

Rappelons d’ailleurs qu’Aggretsuko est hilarant. Le côté sombre de la société tel qu’il est décrit dans cette anime est très relativisé face au burlesque des situations engendrées par les caractères si opposés des différents protagonistes :
Retsuko est souvent confronté entre deux points de vue pour ne citer que Fenneko et Haida, voire en confrontation avec elle-même directement et là est le point principal de l’anime : le fait d’éclater sous forme Death Metal, le premier gros contraste avec l’aspect mignon du personnage. Le fait qu’elle élise domicile dans un karaoké est déjà en soi et une question sérieuse de se cacher pour revendiquer sa frustration et un sketch. Quand on connaît la condition des femmes au Japon, on se rend vite compte que cette anime est une représentation assez parfaite d’un sourire de façade, d’une frustration que l’on garde pour soit, car il faut préserver les normes sociales dans ce pays, d’un harcèlement moral dû au faite d’être une jeune femme qui serait incapable de faire le travail correctement, le faite qu’à 25 ans il serait temps de commencer à voir au-delà du travail et penser à fonder une famille avec forcément des enfants et de devenir une femme au foyer.

Même les personnages qui paraissent mineurs ont leur importance. Komiya, l’assistant du chef de département Ton, est incroyablement énervant ce qui immerge complètement dans la série mais fait aussi rire : le côté flagorneur en devient risible connaissant le côté narcissique de Ton. Tsunoda, la daine flatteuse, qui n’hésite pas à jouer de ses compliments et de ses charmes pour ses fins, est tellement irritante qu’elle en devient risible. Il en va de même pour le côté paranoïaque d’Anai la nouvel recrue incarnant le thème du harcèlement qui pourrait être insupportable, mais il n’en rien tellement c’est une sur-réaction à chaque fois.
Ils servent pour les traits d’humour, mais aussi comme acteur déclenchant à chaque fois la chaleur faisant péter la cocotte-minute qu’est Retsuko. 

En conclusion, l’animé Aggrestuko reflète de manière caricaturale la société japonaise actuelle. Une société où la pression et les faux-semblants mais aussi le manque de liberté est encore très présente. Cette anime vous permet de comprendre tous ces faits de société tout en gardant une dose d’humour.