Noémie
Singer / author / composer you could find her in the Japanese show Nodojiman the world Autumn 2018. Passionate about fashion, especially the Gyaru style, she is the leader of the French gal-unit Gyaransu.

Interview avec la modèle plus-size Kurisu de GLAPOCHA

TSS a eu la chance d’interviewer plusieurs modèles plus-size du magasine GLAPOCHA !

Aujourd’hui, laissez-nous vous présenter KURISU, l’une des femmes qui souhaite partager la mode grande taille au Japon avec le monde entier! Métisse thaïlandaise et japonaise, elle nous parle de l’influence de son passé et comment elle se construit en tant que jeune femme.

1. En premier, pourriez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Kurisu, et cela aussi étonnant que cela puisse paraitre, c’est mon vrai prénom qui s’écrit aussi en kanji ! Cela fait 1 an que je suis chez Glapocha, et la première fois que j’ai entendu parler de ce magazine, c’était sur Twitter. Je suis tombée sur une photo et les modèles étaient rayonnantes, et j’ai donc tenté les auditions. J’ai été prise et je suis donc modèle depuis l’an dernier.

Je suis métisse thaï et japonaise, et j’ai toujours été ronde depuis que je suis petite, j’ai donc eu beaucoup de préjugés sur ma personne. Je ne savais pas non plus comment avoir du style avec mes formes. Quand j’ai vu cette photo de Glapocha, je me suis dit que toutes les modèles étaient bien habillées, et je me suis dit que même en étant ronde, on pouvait être à la mode. Maintenant que je suis modèle, j’espère pouvoir transmettre la même chose aux enfants dans le monde entier et aux personnes qui s’inquiètent de ne pas être à la mode.

2. Comment définiriez-vous être grande taille au Japon ?

Quand j’étais enfant, j’étais vraiment très enrobée et j’ai été beaucoup moquée. Personnellement, je ne mange pas beaucoup et je bois beaucoup d’eau mais je reste quand même grosse et avec une forme ronde. J’aimerai beaucoup que les gens ouvrent les yeux sur ça pour que tout le monde vive plus facilement. Tous les gens sont différents, il y a en a des grands, des petits, des fins. Très souvent dans les magasins, les vêtements sont de tailles M ou L, et les personnes grandes tailles se retrouvent souvent sans vêtements adaptés. Nous aimerions bien pouvoir porter les jolis vêtements comme les gens qui portent des tailles S, M ou L et nous aimerions beaucoup que les tailles en plus soient créées. C’est également pareil pour la couleur, car pour les tailles plus normales il en a beaucoup, et pour les vêtements plus-size il n’y a souvent que noir ou marron. J’aimerai vraiment que la société change et que nous ayons des jolis vêtements avec de belles couleurs.

TSS Mag Interview Kurisu 3

3. Que signifie pour vous être body positive ?

Que ce soit le fait d’avoir des formes, des vêtements particuliers ou des cicatrices par exemple, l’attention est trop focalisée sur les gens, et on a tendance à tous vouloir se cacher du regard des autres. Avant de connaître le body positive, je voulais uniquement cacher des rondeurs en portant des vêtements amples. En voyant les modèles plus-size, je me souviens avoir pensé: “Ah! C’est possible de porter ce genre de jupe avec des formes?” ou “Est-ce que je peux me montrer comme ça devant les autres?”.

 Je pense que le body positive n’est pas encore assez répandu au Japon car on se préoccupe encore trop du regard des autres. Les gens ne vont pas oser porter les vêtements qu’ils veulent et ils vont s’habituer à cette situation, et je connais personnellement des gens comme ça. Heureusement, de plus en plus de personnes répandent ce mouvement, et beaucoup commencent à s’amuser et porter les vêtements qui leur plaisent. Il faut que tout le monde se souvienne qu’importe les vêtements que vous portez, ils vont bien vous aller et vous allez être adorable ! C’est notre devoir en tant que modèle plus-size de répandre cette façon de penser.

4. Est-ce que la vie de modèle a eu un grand impact sur votre vie personnelle ?

Je poste souvent des photos sur Instagram, et il y a une jeune fille qui m’a dit: “Moi aussi, j’aimerai porter ce genre de vêtement! ». Je lui ai recommandé une boutique, et elle y a acheté des vêtements à sa taille. Je pense qu’en tant que modèle, nous devons transmettre des choses comme ça. Quand cette jeune fille m’a remercié, je me suis sentie tellement contente à l’intérieur. Je pense qu’il y a encore beaucoup de personnes qui n’osent pas essayer des vêtements différents, mais je pense vraiment que la mode ne doit pas dépendre de la forme du corps de chacun. En voyant que j’ai transmis ça à cette personne, j’étais vraiment très heureuse.

TSS Mag Interview Kurisu 1

5. Avez-vous eu des regards différents du fait que vous êtes half ?

Effectivement quand j’étais au lycée, les garçons se moquaient de moi quand je portais une jupe par exemple et ils m’insultaient sur mon physique. En plus de ça, j’ai eu beaucoup de méchantes remarques comme “Rentre chez toi” ou “Dégage du pays”.

6. Pensez-vous que les réseaux sociaux ont joué un rôle dans la façon dont les gens perçoivent les modèles de différentes tailles et races ?

Avoir les réseaux sociaux est une chance pour recevoir de gentils commentaires d’encouragement, et chercher des informations auprès de beaucoup de personnes, et je pense qu’ils sont indispensables.

7. Avez-vous des modèles ou des inspirations ?

Quand je n’avais pas confiance en moi, je me souviens d’avoir été inspirée par une personne sud-coréenne qui fait aussi de la musique et de la danse, mais j’ai oublié son nom [ndlt: sans doute Hwasa du groupe sud-coréenne MAMAMOO]. Je me souviens de son fort impact car son professeur à l’école lui avait dit qu’elle ne pourrait pas apparaître à la télévision à cause de son poids. Il lui disait qu’elle était douée et qu’elle avait du talent, mais qu’elle n’était pas mignonne, et qu’elle ne pouvait pas passer les auditions. Elle est rentrée en pleurant chez elle, et en réfléchissant sur le fait d’être mignonne ou pas, elle s’est décidée sur le fait de créer un nouveau standard de beauté. Elle a donc montré qu’elle était belle à sa manière, a passé les auditions et est maintenant connue dans le monde entier.

Cela m’a fait réfléchir sur le fait que les critères de beauté étaient les mêmes au Japon qu’en Corée: il faut être fin et avoir un petit visage. Au contraire, cette femme s’affirme comme elle est et c’est là toute sa beauté.

Au Japon, Watanabe Naomi aussi s’exprime librement, que ce soit avec ses vêtements, la couleur de ses cheveux ou son maquillage.

8. Avez-vous un message pour les personnes à l'étranger qui sont de taille plus importante, qui sont intéressées ou ne connaissent pas cette catégorie ?

 La beauté n’a pas à être définie par la société, décidez-vous même d’être magnifique ! Ayez confiance en vous et vivez heureux!

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Interview avec la modèle plus-size Kurisu de GLAPOCHA