Interview avec la business woman Tsubasa Masuwaka !

Tokyo Street Style a eu la chance d’interviewer Tsubasa Masuwaka, la reine elle-même! ⁠ Mannequin, ancienne gyaru, chanteuse, actrice, femme d’affaires, PDG d’une entreprise de maquillage et mère; il n’y a rien qu’elle ne puisse pas faire! ⁠

En premier, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Tsubasa Masukawa. J’ai été modèle pour les magazines Popteen et Egg durant ma jeunesse. Ensuite, j’ai eu des diverses occasions notamment à la télévision nationale japonaise. Et donc, tout en travaillant en tant que modèle et à la télévision, je suis devenue la productrice exécutive des mes propres marques, CandyDoll et DOLLYWINK (en cosmétiques), EATME (dans le prêt-à-porter) et aussi une marque de lentilles de contact.

Masuwaka-san, nous allons commencer par le passé car beaucoup de personnes dans le monde te connaissent via ton ancien style Gyaru. Est-ce que tu réalises l'impact que tu as eu par rapport au Gyaru au Japon mais aussi à l’étranger ? Tu es une vraie source d’inspiration pour beaucoup d’entre nous !

En toute honnêteté, au départ, je ne savais absolument pas que des gens à l’étranger avaient entendu parler de moi/me connaissait ! Lors de mon premier voyage à Los Angeles (USA), il y a des supermarchés japonais n’est-ce pas ? Et quand j’y suis allé, j’ai vu mes faux-cils DOLLYWINK et autres articles de maquillage en vente. Je me suis dit « Ah j’existe à l’étranger aussi ! » et c’était une expérience vraiment troublante. Et en Asie, il y a un peu partout des posters de moi également. Dans le cas de l’Europe, des amis à moi m’envoient des photos lorsqu’ils voient mes faux-cils quelque part et grâce à eux j’ai pu m’en rendre compte. J’étais très très surprise mais tellement heureuse.

Cette question est beaucoup revenue auprès de nos followers: Que signifie le Gyaru pour toi aujourd'hui ? Désormais, dans quel style te proclames-tu : Larme, Menhera, Fetish et comment le définirais-tu ?

Pour moi actuellement au Japon, la culture Gyaru n’est plus autant en avant, et les styles plus adultes, kawaii mais toujours naturel au teint clair sont populaires. Les Gyaru existent encore aujourd’hui bien sûr, mais pour moi le Gyaru c’est vraiment le teint foncé, les faux-cils voyants/extravagants, les cheveux très bouclés comme une poupée, comme en fait il y a 10 ans, dans l’ère Heisei, chose qui n’est plus trop visible à présent. Ce qui est à la mode maintenant c’est le style Menhera/Jirai et donc un makeup plus dark au niveau des yeux et des lèvres, vraiment Yami mais avec la peau très blanche. Elles portent notamment ma marque EATME qui fait des tenues monochromes/monotones (dans le sens peu de couleurs variées). Et c’est ce qui est à la mode chez les jeunes gens aujourd’hui.

Pour ma part, j’aime beaucoup la seconde main et les marques de luxe et les mélanger pour faire un style un peu plus street. J’ai aussi coupé  mes cheveux très courts du coup plutôt que d’être dans un style plus girly et doux, je suis plus dans un style unisex, où les hommes et les femmes peuvent s’en inspirer. J’aime vraiment ces derniers temps mon style qui ne s’occupe pas du genre de la personne qui le porte.

Sur Tiktok et surtout depuis le confinement, nous avons remarqué que de nombreuses personnes à l’étranger aiment ton style actuel et aimeraient commencer à s’y mettre, auriez-vous des conseils à leur donner pour bien débuter ?

Eeeeh ? Vraiment ? Au contraire, j’admire les gens de l’étranger qui ont des features qui ressortent et des grands yeux. Moi-même j’ai envie d’avoir le visage comme une poupée (rires). Et vraiment je vous admire et je fais de mon mieux pour vous ressembler ! Et d’entendre dire que l’on veut devenir comme moi, ça me rend heureuse mais c’est aussi étrange comme sentiment. Je veux devenir comme vous ! (rires) Nous les japonais, nous avons un visage plat et nous faisons des maquillages naturels mais les gens à l’étranger, peu importe ton âge, tu peux porter ce que tu veux et les gens sont admiratifs. Par exemple, il y a des personnes plus âgées, avec des super coiffures qui s’assument et tout le monde les applaudit. Au Japon, ce n’est pas encore ça. Et j’aimerai que ce genre de pensée arrive au Japon, d’où pourquoi je veux devenir comme vous (rires). Mais sincèrement, au Japon il y a tellement de choses que nous ne connaissons pas qui viennent de l’étranger, nous sommes encore un peu très fermés.

Je voudrais vraiment partager les tendances et bons côtés du Japon et de l’étranger mutuellement.

La mode japonaise a beaucoup changé entre l’ère Heisei et l’ère Reiwa. Selon toi, quelles sont les différences majeures ?

Mmh c’est vrai, ! Durant l’ère Heisei, tout était “extrême” et voyant: de grands yeux, peau hâlée, c’est notamment la période où le Gyaru était en vogue et même les autres styles populaires de l’époque avaient un maquillage très voyant.

Cependant maintenant, les tendances sont d’abord de bien prendre soin de sa peau comme base pour apparaître kawaii mais tout aussi être naturelle.

Même si nous sommes revenus à une apparence un peu plus naturelle, comparé à avant dans l’ère Heisei, si tu étais maman d’office tu te devais d’avoir les cheveux noirs et une apparence plus rangée. Maintenant à l’ère Reiwa, comme j’ai dit précédemment, l’influence de l’étranger se fait ressentir et ce « peu importe ton âge et ta position, fait ce que tu veux » s’installe et apporte un air frais. C’est vraiment une bonne avancée.

Qu’est ce qui t’a inspiré pour réaliser tes propres marques de cosmétiques (DOLLYWINK, CandyDoll) et de vêtements (EATME) et peux-tu nous expliquer le concept de chacune ?

Pour commencer, CandyDoll est concentrée sur le base makeup et lip makeup. DOLLYWINK est concentrée sur l’eye makeup. L’idée première était de créer des produits qui me correspondent, que je veux utiliser. Il y a pas mal de producteurs de cosmétiques qui n’utilisent pas leurs propres produits mais ce n’est pas mon cas, je les chéris intensément. Je les utilise tout le temps, ils sont dans mon sac. Mes produits sont faits pour tout le monde, pour qu’on puisse les utiliser au quotidien et surtout qu’ils soient pratiques à emporter. Que ce soit des jeunes étudiantes, des employés de bureau, des personnes ayant peu d’expérience en maquillage ou des mamans occupées dans leur vie de famille.

Ensuite, EATME dont le thème est « Fetish mode » vient en réalité de mon amour pour l’Europe ! Mon inspiration est venue de l’ambiance européenne mixée avec la culture japonaise, ce qui a donné le concept « Fetish mode ». EATME est assez populaire en ce moment chez les jeunes filles, notamment une trend a été créé pour mettre en avant les robes qu’elles achètent en les postant sur les réseaux sociaux.

La marque DOLLYWINK, très populaire à l’étranger, a énormément évolué avec le temps que ce soit au niveau de l’esthétique ou des types de produits comme la nouvelle collection EasyLash que peu de gens à l’étranger connaissent. Est-ce que ce renouveau suit également ton changement de style du Gyaru vers ton style actuel ? Comment définirais-tu le nouveau DOLLYWINK ?

Au Japon, comme on en a discuté tout à l’heure, l’ère Heisei était synonyme d’extravagant et voyant et ce aussi au niveau des faux-cils. Une fois l’ère Reiwa arrivée, la tendance est vraiment revenue au naturel, à l’étranger je pense que ce changement ne s’est pas fait. Ici, les faux cils extravagants sont plus à la mode. C’est donc pour ça que EasyLash a été créé dans cette ère du naturel. Les japonaises n’ont pas beaucoup de volume au niveau des cils, même en mettant du mascara et en utilisant les EasyLash, on peut facilement se maquiller au quotidien rapidement et avoir un beau blending avec les cils naturels même si ce sont des extensions. C’est à la fois pour les gens qui n’ont jamais mis de faux-cils que pour les gens qui avant avait un style extravagant et souhaite devenir plus sage, adulte. J’aimerai vraiment que les gens à l’étranger essayent la collection Easy Lash que ce soit les cils, les eyeliners ou les fards à paupières.

Comment arrives-tu à gérer ta vie d'entrepreneur mais aussi ta vie familiale avec autant de projets différents ? Nous sommes tous admiratifs !

Mon fils a maintenant 12 ans et il était inscrit à une American School en primaire et après avoir réussi ses examens, il est entré récemment dans un collège anglophone. Il est bilingue et est capable de parler aussi naturellement que vous (rires). Nous vivons séparés malheureusement, donc je n’ai plus l’occasion de lui faire son bento le matin etc.. C’est un peu comme si la deuxième grande période de notre vie avait commencé et je me retrouve seule avec plus de temps libre. C’est un peu triste au départ.

Mais du coup, je ne sépare pas tellement mon privé de ma vie professionnelle car toute mon inspiration professionnelle vient de ma vie privée. Comme je suis productrice, même lorsque je sors m’amuser, mon téléphone, mes notifications LINE, mes e-mails sont toujours actifs et je m’en occupe vite fait ça et là rapidement sur mon ordinateur. Tout est lié mais je n’ai aucun stress au quotidien même en étant souvent demandée. Dans ma vie privée, j’adore faire des home-parties avec mes amies où on échange autour de la vie de nos enfants. J’aime beaucoup cette manière que vous avez à l’étranger d’être souvent être ensemble pour des soirées en dehors des fêtes, dans la vie de tous les jours, que ce soit en couple ou avec les grands-parents. Je trouve ce style de vie classe et intéressant, car on se retrouve, on échange autour de nos vies et on se donne courage mutuellement pour le lendemain. J’aimerai que ce style de vie à l’étrangère se propage un peu plus au Japon et c’est la raison pour laquelle j’en suis adepte. Ce style de vie est tellement plus évolué (rires)

Tu as une chaîne YouTube, peux tu nous en parler un peu plus pour faire découvrir et donner envie à nos lecteurs d’aller voir ta chaîne? As-tu le projet de proposer des sous-titres en anglais pour ton audience à l’étranger ?

Ma chaine YouTube est consacrée au maquillage, à la mode, la cuisine et des vlogs du quotidien. Pour être honnête je pense à ajouter des sous-titres en anglais mais il faudrait bien adapter cette traduction pour pouvoir partager au mieux la culture japonaise au niveau worldwide. Les gens à l’étranger me connaissent sous mon ancienne apparence de l’ère Heisei donc j’aimerai partager plus mon nouveau style à l’étranger !

Êtes-vous déjà allé à l’étranger ? Quel est l’endroit que vous souhaitez le plus visiter ?

J’ai souvent fait des voyages à l’étranger que ce soit pour des shootings ou des vacances. J’ai également vécu à New York et à Los Angeles pendant un mois. L’endroit que je préfère reste l’Angleterre, que ce soit par rapport à la mode ou l’ambiance sur place.

Avec le COVID, je suis coincée à Tokyo au Japon, donc peu importe l’endroit, je veux voyager ! Aussi, je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer mes fans à l’étranger donc j’aimerai expérimenter ça durant des événements liés à la mode et à la beauté dans divers pays.

Connaissez-vous quelques mots en anglais/français ?

Ah (rires) Comme mon fils a été à l’American School, je connais quelques mots en anglais vu que je l’aidais avec ses devoirs. Il m’a aussi donné l’envie de m’inscrire dans une Eikaiwa School pour apprendre l’anglais donc j’ai également appris là-bas.

Je ne parle pas très bien malheureusement (rires) mais j’aimerai vraiment savoir parler l’anglais !  Si j’écoute une conversation, je suis capable d’en comprendre le sens, mais former des phrases est compliquée. Je veux devenir bilingue ! Savoir parler l’anglais c’est amusant. Quand je vivais à Los Angeles, je parlais un petit peu pour aller au supermarché, au restaurant, pour prendre un Uber, en faisant les magasins. Quand j’étais avec des amies au restaurant, j’essayais d’expliquer une situation, aussi banale qu’elle soit comme « Le fait que les shiratama dango remontent à la surface quand ils sont prêts dans le bouillon ». En tant que japonaise, on a cette habitude d’être gêné quand on fait des erreurs mais si on ne parle pas, comment progresser ?! A l’inverse, à l’étranger les gens essaient de parler japonais et même si ce n’est pas parfait, on fait tous des efforts pour se comprendre et ça crée une belle ambiance.

J’aimerai apprendre l’anglais, et pleins d’autres langues, dont le français que je trouve classe, pour pouvoir parler à un maximum de gens.

Tu produis énormément de marques (DOLLYWINK, CandyDoll, EATME). Avez-vous des projets spécifiques pour le futur ? Nous avons vu l’annonce de ton futur magazine web appelé TOKYODOT peux tu nous en parler ?

Pour le futur, en premier j’aimerai plus étendre mes cosmétiques à l’étranger.

Pour TOKYODOT, j’ai reçu cette offre de Nylon Japan de faire un magazine papier et le premier numéro vendu partout au Japon a été sold out sur Amazon et dans les boutiques qui le vendait à Shibuya. Il a pour thème : « Les choses que l’on ne vous apprend pas à l’école ».

Je ne sais pas ce qu’il en est à l’étranger mais au Japon, on a cette vision de devoir se calmer dès qu’on devient plus adulte, d’agir en tant que « personne qui a enfin trente ans ». Il y a une dichotomie entre les jeunes et les plus âgés et la communication ne se fait pas entre génération. Aussi au Japon, si on échoue une seule fois, tout l’entourage s’en souvient et tu es considéré comme un échec et tu n’as plus droit à rien. Mais moi j’aimerai dire que, même s’il y a des échecs, on peut entreprendre de nouveau, s’atteler à d’autres challenges et que ce n’est pas une mauvaise chose. J’aimerai mettre en avant que peu importe l’âge, le genre, l’âge, la position, on peut encore briller par soi-même. C’est l’ère actuelle et ce magazine en est le témoignage. C’est un magazine que tout le monde peut lire et apprécier, découvrir la mode et la culture japonaise. Surtout pour les touristes étrangers qui viennent à Tokyo, j’aimerai que ce soit la première chose qu’ils achètent pour découvrir la ville ou bien la première chose qu’ils aient envie de découvrir même de chez eux ! J’ai envie de faire une version globale aussi du magazine pour que vous puissiez tous le lire !

As-tu un message pour tes fans étrangers ?

Oh oui! Peu importe votre âge, restez-vous vous-même, faites ce que vous voulez et ce qui vous fait vibrer. N’hésitez pas à partager votre vie, vos styles, votre personnalité sur les réseaux car ça peut donner de l’inspiration, comme moi je l’ai eu avec mes diverses rencontres à l’étranger. Et surtout vivez librement !

Pour finir, je n’ai pas encore eu l’occasion de vous rencontrer à l’étranger donc je fais de mon mieux pour créer ces opportunités et j’ai hâte de pouvoir tous vous rencontrer !

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