Tokyo Street Style vous présente la crème de la crème des bloggeurs ! Pour démarrer cette série d’interviews en beauté, la parole est donnée à Sarah, auteur du blog Midaregami (みだれ髪), véritable référence en termes de cosmétiques asiatiques et plus particulièrement japonais. Passionnée, mais non moins critique, elle partage avec nous son regard affuté sur les deux mondes bien éloignés que sont l’Occident et l’Asie en matière d’innovation, d’habitudes ou de marché de la beauté, mais aussi ses coups de cœur, conseils et recommandations pour une peau digne de ce nom au Japon !

Présente-toi à nos lecteurs, s’il te plait !

Je m’appelle Sarah. Je suis passionnée par le Japon depuis une dizaine d’années mais, bizarrement, j’étudie le russe… J’ai commencé comme beaucoup par lire des mangas, écouter de la J-pop, puis dévorer la littérature. C’est d’ailleurs de là que vient le nom de mon blog, Midaregami étant le titre d’un recueil de la poétesse du début du XXe siècle, Yosano Akiko. J’ai pu réaliser mon rêve d’enfin y poser les pieds par deux fois, et j’espère y retourner encore souvent.

Comment as-tu été amenée à découvrir la cosmétique asiatique ?

C’est arrivé à un moment où j’avais des problèmes de peau (avec le recul, j’ai compris que c’était dû à la pilule). Je sais que je lisais le blog de Fuzkittie (qui a fermé il y a déjà quelques années) et celui de Sasha des Beautés-Testent, mais impossible de me souvenir pourquoi j’ai pensé aux cosmétiques asiatiques en particulier. Peut-être étais-je simplement curieuse de ce qui se passait ailleurs ?

Qu’a-t-elle selon toi de plus que ses consœurs européenne ou nord-américaine ?

C’est difficile à dire car je trouve qu’il y a du positif et du négatif dans les cosmétiques asiatiques et occidentaux, aussi bien sur le plan des soins que du maquillage.

Pour répondre à ta question, la principale différence concernant les soins est que n’importe qui en Asie peut se constituer une routine de qualité pour un coût modéré. Il y a des bons produits concentrés en actifs pour un petit prix, ce que nous ne trouvons pas ici. Pour illustrer, avec une routine « démaquillant + nettoyant +lotion + sérum + contour des yeux + crème + crème solaire », on en aurait pour 80 € à 90 € avec la version Asie quand il faut compter facilement 150 €, à qualité équivalente, avec des produits occidentaux. Et encore, en France, une lotion bon marché et efficace, ça n’existe pas vraiment. Il faut obligatoirement fouiner du côté de Shiseido (pas spécialement donnée) et je ne parle pas des crèmes solaires qui, ici, sont grasses, épaisses ou pâteuses, à moins d’aller chez Kiehl’s, Clarins ou l’Occitane et là on parle de 40 € le flacon. Sur le seul critère du prix, grâce aux produits asiatiques, l’étudiante que je suis, sans emploi, fait de sacrées économies. En France, les cosmétiques de qualité sont un sport de riche, d’autant plus que le dogme en vigueur est celui du « plus cher = plus efficace »… Bon, je noircis le tableau parce qu’il existe de très bonnes marques occidentales, accessibles et efficaces, mais plutôt confidentielles comme État Pur, mais il faut tout de même creuser un peu dans la « geekerie » cosmétique. Bref, nous sommes encore loin du cosmétique démocratique et très grand public que nous pouvons trouver en Asie.

En Asie, les gammes de soin sont aussi très complètes, chaque produit a son importance. On n’essaie pas de nous vendre des produits 2-en-1 ou labellisé avec des inepties du genre « ne pas rincer l’eau micellaire », « cette huile laisse un voile protecteur », « cette BB crème remplace la crème et la protection solaire »… En Asie, chaque produit est spécifique et n’a qu’une seule action. En Occident, on veut souvent nous vendre des produits qui font un peu de tout mais médiocrement, au-lieu d’une seule chose mais très bien. C’est le mythe du produit miracle, de la poudre de perlimpinpin. Après, le public n’est pas le même. Les Asiatiques sont intransigeantes concernant leur routine, là où les Occidentales sont vus comme des paresseuses par les marques…

Autre point positif : les Asiatiques sont champions en ce qui concerne l’innovation. Les marques occidentales l’ont bien compris en sortant de pâles copies des BB crèmes, des masques à lotion, des sleeping masks… Mais elles n’ont pas encore osé sortir des produits à base de bave d’escargot, de venin de serpent… En attendant, elles préfèrent abuser de la solution de facilité des silicones, du mica, des huiles minérales, des ingrédients qui ne sont pas vraiment jojo et permettent de masquer la misère en donnant la sensation d’une efficacité immédiate. Nous en revenons encore à la poudre de perlimpinpin…

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